Méditation du dimanche 30 juin

Dimanche, 30 juin 2019
13e dimanche du temps ordinaire
Rois, 19, 16-21 « Élie passa près d’Élisée et jeta sur lui son manteau. »
Psaume 15 (16) « Garde moi, mon Dieu »
Lettre de Saint Paul aux Galates, 5, 13-18 « Marchez sous la conduite de l’Esprit Saint »
Évangile selon Saint Luc, 9, 51-62 « Suis-moi »

 « S’en aller : parole de vivant »
Parole de poète[1], parole de prophète.

Je suis dans mon jardin,
avec mes amis,
mes enfants,
mon amour,
mes parents,

Je suis dans ma vie,
dans ma maison,
dans un paysage connu,
qui me connaît,
que je reconnais.

Et quelqu’un passe,
Quelqu’un que je ne connais pas,
Mais qui me reconnaît,
qui voit en moi ce que je ne vois pas,
Qui reconnaît en moi quelque chose de plus grand que moi
Tellement beau, tellement fort, qu’il faudrait sortir
Prendre ce manteau qu’il me tend
pour prendre la mesure de ce qui m’habite,
de cela en moi qui pourrait m’arracher à moi,
bouleverser le paysage familier,
me mettre en mouvement,
me conjuguer à d’autres temps,
me libérer de moi
pour être libre de me donner,
ailleurs,
au large.

Parfois c’est simple,
tellement simple qu’il n’y a pas à choisir,
Juste à se laisser saisir :
« Je te suivrai, où tu iras j’irai. »

Parfois c’est compliqué
Quelque chose en moi me retient.
Moi ?  J’ai tant de choses à faire, tant d’obligations,
je n’ai pas le temps, le temps m’a tout pris, à commencer par moi,
je suis pris dans le temps qui me drape,
je le porte avec ma vie comme un joug qui me fait exister.
Je suis le serviteur de ma vie.

Mais quelqu’un est passé,
qui m’a regardé.
Et tout est retourné.

Quelqu’un me dit qu’il faut laisser les morts enterrer les morts,
qu’il n’appartient qu’à moi de rouler la pierre,
de sortir du jugement, de la peur,
de tout ce qui m’empêche de vivre, et de laisser vivre,
de partir, et de laisser partir,
de mourir, et de laisser mourir.

Aujourd’hui je peux choisir.
Je meurs de peur et d’envie.
Il y a dehors quelqu’un qui m’appelle,
qui me connait mieux que moi-même.
Sa voix est belle,
et elle est effrayante,`
elle est un feu qui tombe sur moi,
qui détruit mes certitudes,
elle me fait sortir de mon jardin,
elle me jette sur la route.

Je ne le sais pas encore,
je suis déjà parti,
j’ai mangé le joug,
je m’en suis nourri
pour me lever,
sortir,
partir,
aimer,
et servir,
Au large de moi-même.

[1] René Char, Fureur et mystère

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