Apprendre à recevoir (Jacques Philippe)

La vocation chrétienne nous appelle à donner beaucoup. Mais pour donner beaucoup (sans que le don de soi aboutisse à des épuisements, des amertumes ou des désillusions), il est nécessaire d’apprendre à recevoir. « Le mérite ne consiste pas à faire ni à donner beaucoup, mais plutôt à recevoir, à aimer beaucoup », dit Thérèse de Lisieux.

Nous avons besoin d’apprendre à recevoir. C’est le plus important, mais aussi parfois le plus difficile dans l’existence chrétienne.

Il arrive que nous ayons du mal à donner, parce que nous sommes enfermés dans nos avarices, nos égoïsmes, nos peurs. Mais nous avons aussi souvent du mal à recevoir. Remarquons que, déjà au plan humain, il est parfois plus facile de donner que de recevoir, d’aimer que de se laisser aimer. Donner peut être une position avantageuse pour notre orgueil : je suis la personne généreuse qui donne aux autres, qui se dépensent pour eux… Recevoir est parfois plus difficile. Cela suppose une certaine humilité (reconnaitre que j’ai besoin de l’autre) et demande aussi une confiance dans l’autre, une ouverture à l’autre, qui n’est pas toujours spontanée.

Tout ceci pour dire que « recevoir » n’est pas toujours aussi facile que l’on pourrait le penser. C’est pourtant l’attitude la plus fondamentale de la vie spirituelle, car nous sommes des créatures et nous dépendons totalement du Créateur. Nous sommes aussi des personnes qui ont besoin d’être sauvées, qui dépendent entièrement de la miséricorde de Dieu, ce que nous avons du mal à admettre. En fait, nous voudrions tous plus ou moins consciemment prendre la place de Dieu, être nous-mêmes la source de ce que nous sommes et de ce que nous accomplissons. Il nous faut comprendre que ce qu’il y a de plus essentiel et de plus fécond dans la vie humaine est au contraire une attitude d’accueil, de réceptivité, de passivité, dirais-je même.

Il est donc vital d’apprendre à recevoir, se recevoir soi-même et tout recevoir de Dieu. C’est dans la mesure où nous apprenons à tout recevoir de Dieu que nous pouvons donner aux autres le meilleur de nous-mêmes.

(« Si tu savais le don de Dieu » de Jacques Philippe)

Brabant wallon (BE)

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